je les entends me scruter

ça l’en nul à pich

rouge tombe

l’nuit tombe rouge rouge de ça rouge un peu sang ‘le tue l’oeil qui crache l’oeil qui n’en veut plus
l’nuit dit rentrez à l’oeil repu plein l’oeil qui vomit son trop l’oeil trop oeil tant trop que l’nuit croit qu’il est plusieurs c’est là qu’le tue dans ce qu’le se trompe

courbe

y’imagine si bien traiter le clavier que le que quotidien tout le monde est gould précis qu’ignore ce qui se fait autour où comment le nez dans le son sifflote tel qui va en guerre et entonne ce qui vient l’oracle du bout des doigts

y force forme de folie courbée du type sa forcformfol son labeur rompu sur naine sa chaise d’écosseur de haricots elle hurle vieux fort de cette indifférence joyeuse enculons les bourgeois dit-il du piano l’oeuvre il la prend d’en bas artisan de ceux qui le voient de loin c’est chacune note qui compte car chaque le nourrit

y compte sur ses doigts le temps là qui reste qui s’écoule toi glenn t’entendre ouvrir insistance prolonger la note hasta la reprendre comme si là ça faisait erreur qu’il faut la corriger que ce n’est pas là qu’on s’adresse loin ici peut-être qui vaut les trilles imparfaites ici qui dure avec un peu de bile

chant

longtemps on tire traîne on tire on traîne longtemps ça vient
ça vient on tire traîne on tire on traîne ça vient longtemps ça ne vient pas puis ça vient et vient ça encore encore plus puis c’est fini de venir ça ne vient plus putain que ça ne vient plus on n’a là plus de quoi tirer de quoi traîner on est bas plus bas que les traînées traces des tirées de ça qu’on a traîné tiré longtemps et qui restent sur le sable et qu’on n’efface pas parce qu’on n’a pas que ça à faire de revenir derrière de retourner là où on a tiré traîné et jamais l’idée vient de pousser
et ça revient là c’est la bonne on a tellement peur que ça s’arrête qu’on ne se lasse plus de tirer traîner

cordes

rien de con rien ici pour assurer sur un char qu’on est ici rien du chant du feu des bourres à deux cent balles la nuit parce qu’ici c’est ici et c’est ce qu’on fait ici
rien qu’on oublie de tout ça de tout ce qui s’est fait ici et continue à se faire
là c’est fort on le contient dans des enclos mon âme et ces sortes d’enceinte le dehors pousse (j’ai peur) à garder dedans il y a ce siège
(déjà on est consanguins et puis malades et puis des fous qu’on lie qu’on lie avec quoi plus de corde plus une elles ont servi)

cinquante la semaine

fou furieux
fou furieux
fou furieux
fou furieux
fou furieux

gibier

j’aurai mal quand ces hordes se lèveront iront à massacre
là celui qu’elles désignent suceur de sang
les hordes n’ont rien appris elles restent fidèles
à peine savent-elles qu’elles ignorent
aussitôt elles consomment ce qu’elles savent ça les réchauffe aussi juste en leur sein elles le mangent
la horde elle tète ou bien la becquée
elle croit
elle ne sait rien elle peut croire beaucoup
elle croit en la force du nombre car un nombre lui suffit un nombre qui est un
il est toujours supérieur
dans son croire il ne se compte pas
son un veut qu’un seul incarne le nombre
la horde laisse compter celui qui ne se compte pas
elle l’écoute
et se réchauffe et mange et chie à ses propres pieds et se plaint de la puanteur

l’appétit

deux semaines sans écriture il y a deux semaines que je n’ai pas écrit je n’ai pas écrit depuis deux semaines
et je me sens me vider et ça s’effondre comme si mon corps en glissant mon ventre et ça provoque et fait un appétit terrible
pour toucher quelqu’un je donnerais tout je ne suis plus certain de me toucher j’ignore là qui je touche
c’est il n’y a que quand j’écris que j’existe
c’est pas sûr que j’existe sans écrire
le fond c’est m’exprimer tout ce temps que je passe je rêve de m’exprimer
les sujets ne manquent pas ce sont les oreilles là où je vis on est plein et ça fait une masse ronde et indivisible et bruyante avec ça
une somme c’est dire qu’il n’y a personne
et là j’ai tout sauf envie de m’exprimer je ne le peux pas beaucoup il n’y a personne que je vois tant mon expression est encore imprécise et lointaine de ce que je veux dire je ne sais comment dire ni comment le dire et le lui dire à personne alors j’invente pour moi des trucs qui partent de moi me traversent et meurent plus loin
ça ne dure qu’un temps car je ne supporte pas que je veuille ainsi m’expulser artificiellement cette spontanéité ce volontarisme me fatiguent et me rappellent les cabots qui font du bruit dehors
alors j’attends
parfois dedans ça hurle beaucoup c’est la querelle
et je ne veux pas de lutte pas entre chacun pas de cette mort de ce pourrissement quand elle vient je m’en vais pour attendre de nouveau
et avec ce que j’attends j’ai le temps de penser
par exemple je pense moi que je lutte trop mais ne me rosse pas assez
par exemple je pense qu’il y a plusieurs fins (j’ignore combien mais sais qu’elles s’épuisent) ce n’est jamais le même qui termine
et je pense qu’il y a des débuts qui se groupent en un seul c’est la même chose qui commence plusieurs fois

ce qu’on est fait pour

pendant des temps discipliné
j’en faisais rien ou pas grand c’était l’urgence sans l’urgence
que c’était vite alors que ça fusait alors et les cahiers remplis
puis c’est parti ça a quitté
j’ai oublié ce qui achève de s’oublier mais ne s’oublie plus
maintenant des hordes sont devant
des hordes les couteaux tristes
les lames brillent éclairent derrière
là j’en fais se peut pas mieux que rien pas plus que grand mais j’en fais là il n’y a plus d’urgence quand l’urgence est là
et j’ignore ce qu’est grand et rien mais lent je sais et peu aussi
je ne peux pas rester face aux lames qui veulent me tracer dessus
je ne suis trace ni reste
la trace le reste me précèdent et la horde n’a plus à m’ôter
quand je gage maintenant c’est moi qui me mets en gage car je ne suis trace ni reste mais nu dans le siècle

la langue ou la main qui tire la boue du sol

la langue ça naît tout seul quand j’ai besoin de me raconter besoin de remplir ce qu’il y a entre le sol et moi là j’ai besoin de langue à des fins de consolation
la langue c’est la main qui tire la boue du sol
c’est ma langue ma main
parfois vient un autre qui voit le sol je lui montre que ma langue tire la boue du sol il voit la boue il voit aussi ce que j’ai fait avec la boue là il voit ma langue
l’autre sait ce qu’est le sol mais ignore que c’est le sol
ma langue c’est ce que ma main qui tire la boue du sol fait avec la boue
parfois la boue remplace le sol et la langue tire la boue de la boue c’est que la langue dérive toujours du sol et le sol tient toujours

le nom des luttes

je ne vois plus je n’entends plus je ne parle plus
je ressens tout se reporte ici
pour combien encore combien s’offre dehors
dehors j’ignore ce que c’est
ou disons que je l’ai appris avant de l’oublier
partant je dois réinventer dehors
pourquoi devoir en un mot mouvement en un autre bouge qui m’a conduit ici dedans
la langue stridule je ne la comprends pas en moi je parle une autre langue qui divise et n’adhère plus
elle a des absences que je ne peux dire ou taire
je ne suis plus certain de bien voir bien entendre bien parler tout au plus de ressentir
combien de coups pour que ça tombe pour savoir que ça tombe
et s’agissant de réinventer dehors il faut dire dehors
et dire ça n’a pas de doute dire c’est le doute et son antécédent
que les sens meuvent la langue ne suffit pas
ça ne suffit pas pour faire de la langue ma langue
le nom est là c’est faire
c’est le nom qui nous couvre tous et nous sépare et nous éloigne retient
c’est là le nom des luttes

les mouches

il faut rester tranquille se tenir tranquille je reste là tranquille au trou à collectionner les pattes de mouche
ne pas faire de bruit du bruit qu’avant j’ai fait du bruit de rien du bruit qu’il fallait faire
quand il fallait que ça pète cède rompe
du bruit comme eux qui ne disaient même pas qu’ils disaient disaient pas plus mais ils causaient
et causent encore
ce n’était que causerie petites tapes sur l’épaule grandes idées grands fours fonds tambours qui s’ébrutaient sans fuite éclat pas de percée sur les gueules bien ointes bien pouillées entre elles
et l’est encore
là j’ai causé un temps c’était tout seul pas de renvoi dans l’absence c’est allé trop loin rien n’a cédé rompu j’étais déjà mort
depuis je reste tranquille me tiens tenir au trou à collectionner les pattes de mouche
parfois en ronge une deux
à faire le tranquille tant même tant que le tranquille s’assagit qui a été remuant je ne fais pas de vague dans mon trou ses digues jamais et les toutes prouesses de l’imagination humaine
des vallées noyées à ça et des vies dont le souvenir se disperse un peu et parfois les remontées
je ne fais pas de bruit mais les pattes de mouche accumulées avec je fais des ailes c’est contre moi et fais un corps ou ça se fait tout seul je ne sais plus et ça volète oui comme ceci le bruit pas clair
je ne peux pas dire ce que ça fait il ne faut pas le dire
dire ça tue ou demeure insuffisant ça n’a pas de sens mais peut-être ça lui pousse après

ou comme tenus par ça qui dure plus que on

on cesse pourquoi on cesse se sent cesser ça rompt là-dedans c’est l’évidence laquelle
jamais on ne cesse dans les faits de causer les gestes causer le bouge de causer puis quoi encore
ça bouge hurle dedans peut-être ce que doit être et ce que c’est
ce n’est pas qu’on cesse ce n’est pas ça qu’on cesse c’est le fond de ça qui cesse passe l’un à l’autre
quand on croit la fin venir et dans l’urgence on essaie et rien ne se tire de l’alors le bouge continue la tenue continue et rien parce qu’on n’a pas cessé mais été trompés sur la nature du bas du qui fonde
pour le bien trompés du tendre une joue l’autre à vivre plus endurer davantage avoir l’ébranlement
c’est qu’on ne cesse pas on ne cesse pas ça là plus de retraite dans ce bas cette nuit ce fond
ou comme tenus par ça qui dure plus que on